Qu’est-ce qu'un tatouage japonais ?

Qu’est-ce qu’un tatouage japonais ?

La pratique japonaise du tatouage remonte à l’ère Edo. C’est une pratique respectée à travers le monde de par sa beauté et pourtant, peu de personnes connaissent l’histoire du tatouage dans le pays du soleil levant.

L’histoire du tatouage japonais

L’art du soleil levant a connu une histoire mouvementée qui vaut la peine d’être contée. De plus, il en existe plusieurs branches, celles-ci ayant toutes leurs particularités.

Les termes liés à l’art du tatouage

“Horimono” est un terme que peu de gens connaissent en dehors du Japon. Ce terme sous-entend un profond respect pour cet art. L’art japonais dont traite cet article est aussi désigné par d’autres termes poétiques, comme :

  • Wabori signifie sculpture japonaise.
  • Shisei signifie percer du bleu, ce qui fait référence aux reflets bleus que peut prendre l’encre sumi lorsqu’elle vieillit.
  • Bunshin veut quant à lui dire décoration du corps.

Ces termes sont toutefois différents du mot irezumi, qui est utilisé par les gens n’ayant aucune connaissance à propos du tatouage japonais.

Irezumi veut dire insérer de l’encre. Il devient un terme populaire chez les Japonais durant la période Edo, qui commence au XVIIe siècle. Le fait de tatouer est alors utilisé à des fins punitives. Il marque les criminels ; en fonction des crimes commis, différents symboles sont tatoués. Ces marques pouvaient apparaître discrètement tout comme être tatouées en plein milieu du visage. Irezumi est donc le tatouage punitif et non pas celui que l’on connaît. C’est un terme négatif dans le pays du soleil levant, et ce encore de nos jours.

Un horishi désigne un maître tatoueur qui pratique l’art traditionnel du tatouage japonais. Ce sont des artisans, qui n’apprécient pas d’être désignés comme des artistes.

Le tatouage traditionnel japonais se nomme quant à lui horimono.

Ainsi, l’art japonais tire ses origines du irezumi qui sert à punir les criminels.

L’ukiyo-e

Le noble art continue d’évoluer durant l’ère Edo, que ce soit par goût pour celui-ci ou bien pour cacher les tatouages punitifs. L’ukiyo-e est une estampe japonaise gravée sur bois. Ces gravures explorent plusieurs thèmes comme les acteurs de kabuki, les yôkai, ou encore les paysages. Ces thèmes apparaissent aussi dans l’art du tatouage. 

Le Suikoden

En 1827, le Suikoden influence cette pratique. C’est une série d’œuvres basée sur des récits qui traitent de 108 bandits chinois qui décident de se révolter contre le gouvernement, celui-ci étant corrompu. Ainsi, cette histoire est légèrement similaire à une version chinoise de Robin des Bois. Utagawa Kuniyoshi reprend ces scènes dans des estampes qui influencent l’art du tatouage. Dans lesdites estampes, les bandits sont représentés avec des tatouages de créatures mythologiques et des symboles religieux.

Qui se faisait des tatouages au Japon ?

Certaines catégories de la population japonaise se faisaient tatouer, comme :

  • Les artisans : ils sont parmi les premiers à se faire tatouer.
  • Les pompiers civils : ils portaient cette forme d’art afin de s’équiper d’un moyen de protection spirituelle contre les flammes.
  • Les coursiers
  • Les chevaliers de rues : ils sont les ancêtres des yakuzas.

Toutes ces classes sont différentes du statut de samouraï. En effet, ces derniers voyaient, dans le fait de se tatouer, une pratique barbare. Ils s’estimaient ainsi trop haut dans la société pour faire cela.

Enfin, il est bon de savoir que de nos jours, dans l’esprit de bon nombre de japonais, les tatouages sont encore très mal vus dans la société, et souvent associés aux yakuzas. Cette vision stricte des choses s’applique toutefois un peu moins envers les étrangers.