Le Japon va interdire les embryons génétiquement modifiés destinés à créer des « bébés sur mesure »

Le Japon va interdire les embryons génétiquement modifiés destinés à créer des « bébés sur mesure »

TOKYO – Le Japon s'apprête à interdire la recherche et les traitements impliquant la modification génétique d'ovules humains fécondés à l'aide de la technologie d'édition du génome et leur implantation ultérieure dans des utérus humains ou animaux dans le but de donner naissance à un enfant, selon un projet de loi approuvé vendredi par le Cabinet.

En vertu de la loi proposée, le gouvernement exigera que les chercheurs rendent compte de leurs projets et tiennent des registres de toute recherche impliquant des embryons génétiquement modifiés. Ceux qui auront enfreint les restrictions seront passibles de sanctions.

Bien que la modification génétique ait le potentiel de prévenir les maladies héréditaires, des inquiétudes ont été soulevées quant aux risques imprévus et aux limites de la technologie. On craint également que cela puisse conduire à des tentatives de création de « bébés sur mesure » dotés de caractéristiques spécifiques telles que la taille, l’apparence physique et les capacités athlétiques.

Au Japon, l'implantation d'ovules génétiquement modifiés dans un utérus humain est actuellement partiellement interdite par les directives gouvernementales, mais aucune sanction n'est prévue en cas de violation. Cette procédure est illégale dans certains pays, notamment en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France.

Le projet de loi couvre également le processus d'utilisation de spermatozoïdes ou d'ovules modifiés et impose des sanctions allant jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et/ou une amende pouvant aller jusqu'à 10 millions de yens (63 000 dollars).

Toute personne envisageant de mener des recherches sur l’édition génétique devra soumettre une proposition au gouvernement. Jusqu'à 60 jours après l'acceptation du plan, ils ne pourront pas éditer, recevoir ou importer d'embryons génétiquement modifiés.