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Le Japon va accroître ses exportations d'armes fabriquées conjointement vers d'autres pays

Le gouvernement et les partis au pouvoir envisagent d'étendre les exportations d'armes développées avec d'autres pays au-delà des partenaires dans des projets de développement conjoints, ont indiqué des sources.

En principe, de telles exportations ne sont pas autorisées en vertu des lignes directrices de mise en œuvre des Trois principes sur le transfert d'équipements et de technologies de défense.

Une exception a été faite pour le Programme mondial de combat aérien (GCAP), dans le cadre duquel le Japon, la Grande-Bretagne et l’Italie développent un avion de combat de nouvelle génération.

Le gouvernement envisage de réviser les lignes directrices pour permettre les transferts d'autres armes développées conjointement vers des pays tiers lors de la session spéciale de la Diète qui s'ouvre le 18 février, selon des sources gouvernementales et de la coalition.

Ce changement n’obligera pas la Diète à modifier les lois.

Par ailleurs, les directives limitent les exportations d'armes produites dans le pays à cinq fins : le sauvetage, le transport, la vigilance, la surveillance et le déminage.

Le gouvernement a déjà décidé de réviser les lignes directrices pour abolir cette règle autorisant les exportations d'armes meurtrières.

Afin d'éviter une expansion incontrôlée des exportations d'armes, le gouvernement a l'intention de limiter les destinations éligibles aux pays qui ont conclu des accords de transfert d'équipements de défense et de technologie avec le Japon.

À ce jour, le Japon a signé de tels accords avec 17 pays.

En outre, une proposition a été lancée pour exiger l’approbation du Cabinet pour les exportations d’armes jugées particulièrement meurtrières.

À l’heure actuelle, seuls les transferts d’avions de combat GCAP vers des pays autres que la Grande-Bretagne et l’Italie nécessiteraient l’approbation du Cabinet.

Pour d'autres articles classés comme armes en vertu de la loi sur les forces d'autodéfense, une procédure est à l'étude pour que le Conseil national de sécurité prenne des décisions d'exportation.

Envoi de matériel ne répondant pas à la définition légale de « armes» serait résolue par le biais de consultations au niveau opérationnel au sein du gouvernement.

Le Parti libéral-démocrate au pouvoir devrait compiler des recommandations sur des questions clés d'ici la mi-mars.

En outre, le gouvernement et la coalition au pouvoir envisagent d’établir un nouveau système permettant de rendre compte à la Diète des décisions gouvernementales concernant les exportations d’armes après coup.

La Diète ne joue actuellement aucun rôle dans les décisions en matière d’exportation d’armes. L’ensemble du processus se déroule au sein du gouvernement.

Une proposition en cours de réflexion consiste à soumettre à la Diète le rapport annuel du ministère du Commerce sur l'état des autorisations de transferts d'équipements de défense.

Selon le protocole actuel, ce rapport est soumis au Conseil national de sécurité et rendu public.

Il est envisagé qu'à l'avenir, la Diète puisse organiser des séances de questions et réponses basées sur le rapport lors de réunions plénières ou d'autres forums.

Cependant, il reste à déterminer si ces rapports ex post facto fonctionneraient comme une garantie efficace.

Une source gouvernementale a reconnu que « ce serait en grande partie une question de forme avec peu de sens sur le fond ».

De hauts responsables de la coalition au pouvoir et du ministère de la Défense ont rejeté l’idée d’instituer une notification préalable ou une approbation par la Diète pour les exportations d’armes, la qualifiant d’« hors de question ».

Comparé à la Diète, le Congrès américain dispose d’un pouvoir puissant en matière d’exportation d’armes.

La loi sur le contrôle des exportations d’armes oblige le président américain à informer le Congrès avant d’autoriser des ventes d’armes dépassant un certain seuil monétaire. L'approbation est refusée si le Congrès adopte une résolution commune des deux chambres pour bloquer la vente.

(Cet article a été rédigé par Mizuki Sato et Anri Takahashi.)