Le Japon et le Vietnam conviennent d’approfondir leur coopération en matière de sécurité face à la montée en puissance de la Chine
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président vietnamien Vo Van Thuong ont convenu lundi d’approfondir la coopération en matière de sécurité maritime entre les deux pays face à l’affirmation militaire croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique.
Lors de leur entretien au bureau du Premier ministre à Tokyo, Kishida et Thuong ont confirmé qu’ils continueraient à préparer le succès d’un sommet spécial impliquant les dirigeants de l’ASEAN, que le Japon accueillera le mois prochain pour marquer les 50 ans de leur amitié et de leur coopération.
Kishida et Thuong ont également réaffirmé leur engagement à élargir la collaboration bilatérale sur diverses questions, notamment l’économie et les échanges culturels, alors que cette année commémore également un demi-siècle d’établissement des relations diplomatiques entre le Japon et le Vietnam.
Le Japon cherche à capitaliser sur la croissance économique en Asie en renforçant ses liens avec les pays en développement et émergents appelés « Sud global », comme le Vietnam et d’autres membres de l’ASEAN, tout en essayant de contrer l’influence croissante de la Chine dans la région.
Le Vietnam, ainsi que d’autres États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, ont des revendications territoriales qui se chevauchent avec celles de Pékin dans la mer de Chine méridionale, d’importance stratégique. La Chine revendique une partie importante de cette région, qui abrite certaines des voies maritimes les plus fréquentées du monde.
Pendant ce temps, le Japon est en désaccord avec la Chine au sujet des îles Senkaku, contrôlées par Tokyo et revendiquées par Pékin. Les navires des garde-côtes chinois sont entrés à plusieurs reprises dans les eaux territoriales japonaises autour des îlots inhabités, que Pékin appelle Diaoyu.
En pensant apparemment à la Chine, le Japon a lancé un nouveau programme visant à offrir des équipements de défense aux pays partageant les mêmes idées, appelé assistance officielle à la sécurité, ou OSA, prévoyant 2 milliards de yens (13 millions de dollars) pour l’exercice financier jusqu’en mars 2024.
Kishida et Thuong ont convenu lundi que le Japon et le Vietnam entameraient des discussions sur l’application du programme.
Kishida devrait accueillir le sommet spécial Japon-ASEAN pendant trois jours à partir du 16 décembre. L’ASEAN, composée de 10 membres, comprend Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, le Myanmar, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.
Thuong effectue un voyage de quatre jours au Japon jusqu’à jeudi. Il s’agit de sa première visite dans le pays depuis qu’il est devenu président en mars.

