Le gouvernement va assouplir les règles de consentement aux données pour le développement de l’IA
Pour accélérer le développement de l’intelligence artificielle, le gouvernement prévoit d’assouplir les exigences de consentement pour l’accès aux informations personnelles tout en introduisant des sanctions plus sévères en cas d’utilisation abusive intentionnelle.
La proposition divulguée le 4 décembre appelle à une modification de la loi sur la protection des informations personnelles, qui exige le consentement des individus pour le partage de données personnelles avec des tiers et pour la collecte d'informations sensibles, telles que les dossiers médicaux ou criminels.
Selon le projet de modification majeure de la loi, le consentement ne serait plus requis si les données sont utilisées uniquement pour créer des informations statistiques.
Les chefs d’entreprise ont fait valoir que des règles de consentement strictes entravent la recherche sur l’IA, qui dépend de grandes quantités de données de formation.
Les développeurs d’IA collectent souvent des informations en analysant automatiquement les pages Web accessibles au public, où des données personnelles sensibles peuvent apparaître.
La révision permettrait que ces données soient utilisées sans approbation préalable, à condition qu'elles soient traitées sous forme statistique, plutôt que partagées de manière à permettre l'identification des individus.
Le gouvernement considère cette décision comme faisant partie d’une stratégie nationale plus large visant à renforcer la sécurité économique grâce à l’IA.
Des débats similaires se déroulent à l’échelle mondiale.
Le mois dernier, la Commission européenne a proposé d'autoriser le traitement de certaines données biométriques et personnelles pour le développement de l'IA sans consentement dans des conditions spécifiques, signalant une tendance mondiale à l'assouplissement des restrictions.
L'amendement à la loi japonaise précise que les hôpitaux et les cliniques, ainsi que les instituts de recherche, peuvent utiliser des données personnelles à des fins de recherche universitaire sans nécessiter de consentement.
Pour protéger les droits des enfants, la révision exigerait que le consentement pour la collecte de données auprès d'individus de moins de 16 ans soit obtenu auprès d'un tuteur légal plutôt que de l'enfant.
Tout en assouplissant certaines règles, le gouvernement prévoit également d'introduire un nouveau système de sanctions pour dissuader les violations et les abus.
Les entreprises qui trompent les individus en leur faisant collecter des données sur plus de 1 000 personnes, puis vendent ces informations dans un but lucratif, s’exposeraient à des amendes équivalentes aux gains illicites.
Toutefois, les violations résultant de fuites accidentelles de données ou d’une gestion inadéquate de la sécurité ne seraient pas soumises à ces sanctions.
La double approche – assouplissement de la réglementation pour le développement de l’IA et sanctions plus strictes en cas d’abus – reflète un compromis entre les exigences de l’industrie et les préoccupations du public en matière de vie privée et de droits de l’homme.
La loi sur la protection des informations personnelles est révisée tous les trois ans et la Commission de protection des informations personnelles discute de révisions depuis 2023.
Le gouvernement s'efforce de soumettre l'amendement à la Diète dans les plus brefs délais.
(Cet article a été compilé à partir des rapports de Kae Kawashima, Naoko Murai et Masako Wakae, rédacteur principal.)

