La Chambre basse approuve le projet de loi visant à créer un système d'habilitation de sécurité économique
La Chambre des représentants du Japon a adopté mardi un projet de loi visant à établir un système « d'habilitation de sécurité » permettant de classifier les informations gouvernementales critiques pour des raisons de sécurité économique afin d'éviter toute fuite vers des entités étrangères.
En vertu de la législation envisagée, le gouvernement sera en mesure de classifier les informations afin qu'elles ne soient accessibles qu'aux personnes ayant passé avec succès une vérification d'antécédents s'il estime qu'une fuite pourrait compromettre la sécurité nationale du Japon. Il introduira également des sanctions pour ceux qui divulguent des informations sans autorisation pour le faire.
Certains critiques et experts juridiques ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait que le gouvernement pourrait utiliser arbitrairement le système pour désigner un large éventail de questions comme confidentielles, ce qui pourrait porter atteinte au droit du public à l'information. Ils ont également indiqué que la vérification des antécédents pourrait constituer une atteinte injustifiée à la vie privée.
Le projet de loi parrainé par le gouvernement sera envoyé à la Chambre des conseillers, ouvrant la voie à sa promulgation au cours de la session parlementaire en cours jusqu'en juin.
Le gouvernement cherche à faciliter le partage d'informations avec des pays partageant les mêmes idées afin de promouvoir des projets internationaux dans le secteur privé.
Bien que le projet de loi ne précise pas ce qui peut être classifié, les informations relatives aux technologies et infrastructures de pointe devraient être incluses. D'autres domaines, tels que la défense, la diplomatie, l'espionnage et la lutte contre le terrorisme, sont déjà couverts par une loi distincte adoptée en 2013 pour protéger les secrets d'État.
Les fonctionnaires du gouvernement et les employés d'entreprises privées qui auront besoin d'une habilitation de sécurité devront se soumettre à des contrôles qui vérifieront leur casier judiciaire, leurs habitudes de consommation d'alcool et la nationalité de leurs conjoints.
En réponse à une demande du plus grand parti d'opposition, le Parti constitutionnel démocrate du Japon, le bloc au pouvoir, dirigé par le Parti libéral-démocrate, a modifié le projet de loi pour exiger que le Parlement contrôle quelles informations critiques sont désignées pour déclassification.
Les informations désignées seront classifiées pendant au moins cinq ans avec une possibilité de prolongation jusqu'à 30 ans.
La loi envisagée punira ceux qui ont divulgué des informations confidentielles, avec une peine maximale de cinq ans de prison ou une amende pouvant aller jusqu'à 5 millions de yens (33 000 dollars). Les entreprises privées pourraient se voir infliger des amendes si leurs employés enfreignent la loi pour obtenir un avantage commercial.

