Aucun frein n'est mis aux poursuites judiciaires dans le projet de modification du système de nouveau procès
Les procureurs peuvent toujours contester la décision d'un tribunal d'ordonner un nouveau procès dans le cadre du projet de proposition du ministère de la Justice visant à réviser systématiquement le controversé Code de procédure pénale qui régit les affaires pénales, y compris les nouveaux procès.
Le ministère a soumis son projet le 20 janvier à un sous-comité du Conseil législatif qui fait office d'organe consultatif auprès du ministre de la Justice.
La question de savoir s'il faut interdire aux procureurs de déposer des objections à un nouveau procès a été, avec la question de la divulgation des preuves, l'une des questions centrales de l'examen en cours qui a débuté en avril dernier.
La proposition soumise n'inclut pas l'interdiction de ces objections, et le gouvernement s'oriente désormais vers le maintien du droit des procureurs de déposer de telles contestations dans son projet de loi officiel.
Parallèlement, le projet énonce clairement des dispositions qui permettent aux tribunaux de rendre des ordonnances obligeant les procureurs à divulguer des preuves sous certaines conditions.
La portée serait toutefois limitée aux éléments pertinents aux motifs de la demande de nouveau procès, nécessaires pour déterminer s'il y a lieu d'accorder un nouveau procès et considérés comme n'entraînerait aucun effet négatif s'ils étaient divulgués.
Le Conseil législatif devrait soumettre ses recommandations au ministre de la Justice sur la base du projet dès le 12 février.
Le ministère de la Justice envisage ensuite de soumettre à la Diète un projet de loi visant à réviser le Code de procédure pénale après les élections à la Chambre basse du 8 février.
24 ANS D'ATTENTE
Les avocats de la défense doivent franchir la barre haute de la présentation de « nouvelles preuves qui justifient clairement un acquittement » pour obtenir une ordonnance du tribunal ouvrant un nouveau procès. Mais même dans ce cas, les procureurs peuvent toujours faire appel de cette ordonnance en vertu des lois en vigueur.
Les critiques soutiennent que de telles objections ont prolongé le temps nécessaire pour finaliser une décision de nouveau procès et pour que la procédure de nouveau procès puisse réellement commencer, retardant ainsi l'aide accordée aux personnes condamnées à tort.
Sakae Menda a attendu 24 ans, depuis la décision initiale d'ouvrir un nouveau procès jusqu'à sa finalisation.
Menda est finalement devenu le premier condamné à mort du Japon dont l'innocence a été prouvée lors d'un nouveau procès en 1983. Il a été initialement accusé du meurtre d'un couple en 1948 dans la préfecture de Kumamoto et des blessures graves infligées à leurs deux filles.
Pour Shoshi Maekawa, qui a été acquitté du meurtre d'une lycéenne dans la préfecture de Fukui, le processus a duré 13 ans. Pour Iwao Hakamata, le condamné à mort le plus ancien au monde qui a finalement été innocenté du meurtre d'une famille dans la préfecture de Shizuoka, cela a pris neuf ans.
Les avocats présents à une réunion du sous-comité du Conseil législatif ont souligné que, contrairement aux procès pénaux ordinaires dans lesquels l'accusation et la défense présentent des allégations opposées, l'accusation n'est pas impliquée dans la procédure de demande de nouveau procès.
Ils ont fait valoir que les procureurs ne devraient pas avoir le pouvoir de déposer des objections et qu'ils devraient plutôt présenter pleinement leurs arguments lors du nouveau procès lui-même.
En revanche, les spécialistes du droit pénal ont réfuté le fait que le fait d’empêcher l’accusation de déposer des objections à un nouveau procès saperait la logique du système d’appel dans son ensemble.
Les universitaires soutiennent que les décisions d'ouvrir un nouveau procès constituent des jugements graves qui pourraient conduire à l'annulation des condamnations définitives et que, par conséquent, le droit de l'accusation de les contester devrait être préservé. Ce point de vue est devenu l’opinion majoritaire.
Indépendant de la sous-commission, un groupe parlementaire multipartite a déjà rédigé un projet de loi initié par ses députés qui interdit explicitement de telles objections. A sa tête se trouve Masahiko Shibayama, président par intérim du Conseil de recherche politique du Parti libéral-démocrate.
La question devrait être débattue lors de l'examen du projet de loi du gouvernement par le parti au pouvoir et lors des délibérations de la Diète.

