3 résidents nés à l’étranger portent plainte pour profilage racial par la police japonaise
Trois résidents japonais d’origine étrangère ont porté plainte lundi contre les gouvernements central et local pour profilage racial présumé de la part de la police, réclamant 3,3 millions de yens (22 000 dollars) de dommages et intérêts par personne.
Les trois hommes, âgés de 20 à 50 ans, vivent tous au Japon depuis plus de 10 ans et sont soit des citoyens naturalisés, soit des résidents permanents. Ils ont été interrogés à plusieurs reprises par la police en raison de leur appartenance ethnique ou de leur apparence, selon la plainte.
Les plaignants poursuivent les gouvernements central, métropolitain de Tokyo et préfectoral d’Aichi devant le tribunal du district de Tokyo, affirmant que de tels interrogatoires policiers constituent un acte de discrimination et violent l’article 14 de la Constitution, qui stipule qu’il ne doit y avoir aucune discrimination fondée sur la race ou l’origine familiale.
L’un des plaignants – qui vit à Nagoya, dans la préfecture d’Aichi – a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il lui arrivait parfois d’être arrêté par la police deux fois par jour.
L’homme de 26 ans, né au Pakistan et ayant déménagé au Japon à l’âge de 8 ans, a déclaré à une occasion qu’il avait été arrêté pour un interrogatoire dès qu’il sortait de chez lui et qu’il avait demandé si ses affaires pouvaient être fouillées.
« Il peut y avoir une perception selon laquelle les étrangers au Japon ont tendance à commettre des crimes, et j’aimerais que cela change », a-t-il déclaré. « Le moment est venu de repenser la manière dont sont traités les interrogatoires de police. »
Un autre plaignant a déclaré qu’il avait été arrêté sur la route alors qu’il conduisait sa voiture ou sa moto à Tokyo et interrogé par la police, alors qu’il n’avait commis aucune infraction au code de la route.
Les plaignants ont affirmé qu’il était clair que la police japonaise se livrait au profilage racial, comme en témoignent les supports de formation destinés aux policiers encourageant les interrogatoires basés sur l’apparence.
Les plaignants ont également fait valoir que, par leurs actions, la police défiait les conventions internationales contre la discrimination et ont demandé confirmation que le gouvernement central est obligé de superviser les mesures visant à remédier à la situation.

