Pour la seconde fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon a été choisi pour organiser les jeux Olympiques en 2020. Comme en 1964, il s’agit pour Tokyo – au-delà de l’événement sportif – de marquer une nouvelle étape. Les jeux Olympiques de 1964 étaient ceux de la renaissance et de la réintégration du Japon dans la communauté internationale moins de vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils avaient servi de stimulant économique, avec l’inauguration du premier train à grande vitesse dans le monde, le Shinkansen. Plus discutable, le réseau routier à Tokyo avait été développé d’une manière accélérée, couvrant les rivières et les canaux de plusieurs étages autoroutiers. 1964 avait également marqué le début de la consommation de masse des nouveaux biens dans l’archipel, comme la télévision. En 2020, il s’agit de mettre en avant les technologies les plus innovantes et de se démarquer des jeux organisés par des États plus autoritaires qui n’y voient qu’une occasion d’affirmation de puissance. L’accent est mis sur les valeurs de durabilité, d’efficacité, de qualité et d’inclusivité en donnant une plus grande visibilité aux jeux Paralympiques. Les jeux de 2020 sont l’occasion pour le Japon d’affirmer son soft power porteur de valeurs humanistes universelles.

En même temps, le Japon est une nation où le sport est très largement pratiqué, y compris par les personnes âgées qui font régulièrement de la marche ou du jogging. Les arts martiaux traditionnels faisaient partie de la formation des samouraïs, y compris, pour le tir à l’arc et la lance, des femmes de cette caste. Aujourd’hui encore, le judo, l’aïkido, le tir à l’arc ou le maniement du sabre sont intégrés à l’enseignement secondaire et universitaire dans les clubs sportifs. Au-delà de la pratique sportive, ils sont censés inculquer des valeurs traditionnelles d’honneur et de respect des formes, comme tous les arts traditionnels. Mais les sports les plus populaires, dans la pratique comme dans le spectacle, sont importés d’Occident, comme le base-ball et le golf, pratiqués – comme le ski – dans l’archipel depuis l’ère Meiji. Depuis, des engouements nouveaux sont apparus au rythme des succès du Japon comme le patinage artistique, le football ou le rugby dont la coupe du Monde a été organisée pour la première fois dans l’archipel en 2019. Lors des matchs, les stades sont pleins de fans très disciplinés et les débordements de hooligans sont inconnus dans l’archipel. Le sumo en revanche, encore très suivi, même si dans la pratique, les lutteurs de la discipline sont aujourd’hui majoritairement d’origine étrangère, n’est pas vraiment un sport. Pratiqué exclusivement par les hommes, il s’apparente encore aux rites religieux liés au shintoïsme.