Photo/Illutration

Alors que les traités disparaissent, une nouvelle course aux armements nucléaires s’enflamme à travers le monde

Quatre-vingt-un ans après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, le monde est confronté à un risque nucléaire considérablement croissant.

Une évaluation sévère publiée en janvier par le Bulletin of the Atomic Scientists a averti que le monde était encore plus proche de la normalisation de ce risque.

L’horloge de la fin du monde du journal, symbolisant la proximité de l’anéantissement de l’humanité, se situe désormais à minuit moins 85 secondes, soit le chiffre le plus proche depuis sa création en 1947.

Ce glissement vers le danger s’est accéléré en février avec l’expiration du tLe nouveau traité de réduction des armements stratégiques (nouveau START)le dernier accord sur les armes nucléaires entre les États-Unis et la Russie.

En réponse à la menace directe de la Russie, les pays européens renforcent désormais leur propre dissuasion nucléaire.

La France a annoncé en mars qu’elle étendrait son bouclier nucléaire pour protéger ses alliés européens.

La Finlande, pays limitrophe de la Russie, a modifié ses lois en juin pour autoriser le stationnement d’armes nucléaires étrangères sur son sol.

Les législateurs lituaniens ont emboîté le pas en juillet en introduisant un amendement constitutionnel visant à supprimer l’interdiction des armes de destruction massive dans le pays.

Pendant ce temps, l’expansion militaire de la Chine se poursuit sans relâche.

En juillet, son armée a lancé un missile stratégique depuis un sous-marin à propulsion nucléaire, faisant partie d’un arsenal qui devrait passer d’environ 620 ogives aujourd’hui à 1 000 d’ici 2030.

Cette nouvelle course aux armements mine les efforts historiques de non-prolifération.

La Conférence d’examen du TNP a échoué pour la troisième fois consécutive en mai sur fond de différends sur l’Iran, notamment après une attaque conjointe américano-israélienne visant à mettre un terme à son programme nucléaire.

L’impact d’un autre accord, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, reste limité à l’approche de sa première conférence d’examen en novembre, sans aucune puissance nucléaire ni leurs alliés parmi ses signataires.

Daryl Kimball, directeur exécutif de l’Arms Control Association, un groupe de réflexion américain, a déclaré qu’il y avait un manque critique de leadership parmi les États nucléaires pour faire progresser le désarmement.

Il a averti que même si aucune négociation ne progresse, d’énormes sommes d’argent sont investies dans la modernisation des arsenaux nucléaires.

Kimball a déclaré qu’à moins que les États non dotés d’armes nucléaires ne fassent pression sur les puissances nucléaires, le monde sera confronté à un avenir plus dangereux.