La Cour rejette la demande de citoyenneté japonaise d'un réfugié africain
Le 12 mai, le tribunal du district de Tokyo a rejeté une plainte déposée par un réfugié africain qui affirmait que le gouvernement lui avait illégalement refusé la citoyenneté japonaise, une décision centrée sur le large pouvoir discrétionnaire du ministère de la Justice dans le processus de naturalisation.
L'homme, arrivé au Japon en octobre 2013 et ayant obtenu le statut de réfugié deux ans plus tard, vit actuellement dans le pays en tant que résident permanent. Il a demandé sa naturalisation en 2018, puis à nouveau en 2021, mais les deux demandes ont été refusées.
Le gouvernement n’a pas initialement fourni à l’homme une raison détaillée pour ces refus, mais a fait valoir devant le tribunal que c’était « parce qu’une maîtrise suffisante de la langue japonaise n’avait pas été démontrée ».
Le plaignant a fait valoir que sans la citoyenneté japonaise, il est difficile de voyager à l'étranger ou d'ouvrir un compte bancaire, ce qui l'empêche de poursuivre son projet de carrière consistant à travailler pour une organisation internationale.
Son procès visait à l'annulation du refus, à l'octroi de la citoyenneté japonaise et à des dommages-intérêts.
Un point de discorde clé au cours du procès était la mesure dans laquelle le ministère de la Justice avait un pouvoir discrétionnaire dans le processus de naturalisation.
La loi sur la nationalité stipule les conditions requises pour la naturalisation, telles que résider au Japon pendant cinq ans ou plus, avoir une bonne conduite et être capable de gagner sa vie. Bien que cela ne soit pas explicitement énoncé dans la loi, une exigence non écrite d’« assimilation à la société japonaise » exige une maîtrise de la langue japonaise suffisante pour répondre aux besoins de la vie quotidienne.
Devant le tribunal, les avocats de l'homme ont fait valoir qu'il remplissait toutes les conditions énoncées.
Ils ont également soutenu que le refus était illégal, soulignant que la Convention des Nations Unies sur les réfugiés, à laquelle le Japon est partie, stipule que « les États contractants doivent, dans la mesure du possible, faciliter » la naturalisation des réfugiés.
En réponse, le gouvernement a rétorqué que l'homme était incapable de démontrer ses compétences de base en lecture et en écriture lors de plusieurs tests de japonais. Bien qu'ils n'aient pas révélé le contenu ni les scores spécifiques, les avocats du gouvernement ont soutenu qu'« un niveau de capacité japonaise suffisant pour vivre au quotidien sans entrave n'était pas reconnu ».
L’État a également fait valoir que le gouvernement dispose de « pouvoirs discrétionnaires extrêmement étendus » concernant l’approbation de la naturalisation et qu’il n’est pas soumis aux restrictions de la Convention relative aux réfugiés en la matière.
Cette décision intervient alors que le ministère de la Justice a renforcé les conditions de naturalisation par le biais de changements opérationnels plutôt que d'amendements juridiques. Depuis avril dernier, le ministère a relevé la condition conventionnelle de « résidence de cinq ans ou plus » à « en principe, 10 ans ou plus ».

